Patrick-Pierre Roux

Extrait : « Les portes battantes » 2012

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À Jean-Jacques

I

Et maintenant fermer les yeux s’endormir
l’unité du monde sur des rives chuchotées
dormir d’un seul tenant au lion de la nuit…

II

Le temps
c’est une minute oubliée
les plages sont immenses à la montée du soir
le ponant du soleil fait les sables violets
et l’écume ponctue la vague
comme un râteau d’éternité

Le temps
à la sanguine du couchant
c’est la mémoire des absents
tous ces visages de fumée
comme caillots de vérité

Le temps
incommensurablement vide
de tout le trop plein qu’on y met…

III

Au mirage de l’horizon
le temps rejoint l’espace
où le vent nidifie…

Les oiseaux tombent
vers la mer
qui bât des vagues
le spectacle murit la dune
l’éternité d’une mouette

Immense…

La nuit prolonge l’océan
la houle sans cassure
du futur au passé le présent dilué
au sablier d’écume
l’alexandrin marin baigne des orques bleus

Qu’elle est la voie du temps ?

Jadis
la chance préserva l’enfance
des marées
puis vint la mort adulte
dissipant l’illusion à la corne de brume
au roulis désormais de la mélancolie

Image naufragée des parents

Le flux du souvenir a fait frémir l’instant
la vie perpétuée
immense
borne la solitude des brisants…

One thought on “Extrait : « Les portes battantes » 2012

  1. dorio dit :

    « Qu’elle est la voie du temps ? »

    Par la voie de l’écrit

    J’initie des messages

    – de mai sage en mai fou –

    Pris souvent à l’envers

    Par mon lecteur d’un jour

    Il croit y reconnaître

    Sa voix ses mots son être

    Je lis tout au contraire

    Pour être séparé divers multiplié

    par ces instants d’imaginaire…

    C’est ainsi que j’écris

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