Patrick-Pierre Roux dit Patrick-Pierre Dhombres

Une fois dans un train


Artemare_CC.6558


Elle avait toujours gardé en mémoire ce brûlant souvenir.

C’était à la fin des années soixante-dix… dans un train, dans un de ces anciens compartiments isolés du couloir. Elle revenait d’un stage à Lyon et se trouvait assise près de la fenêtre opposée à la coursive. Les banquettes n’étaient pas pleines ; ils ne devaient pas être plus de cinq voyageurs, dont une vieille dame à côté d’elle. Lui faisant face, il y avait un homme, la quarantaine environ, costume-cravate, très cadre, très smart. De prime abord elle n’avait pas perçu qu’il s’intéressait à sa jeune personne, car il semblait intensément contempler le paysage à travers la vitre. Alors que son regard à elle parcourait aussi la campagne, elle croisa soudain le reflet de l’homme qui l’observait par la vitre interposée, et comprit que tout en feignant de s’abstraire dans la contemplation, purement et simplement il la « matait » et surtout ses cuisses qui débordaient de sa mini jupe. Elle eut un choc, comme électrisée. Voyant qu’elle s’était aperçue de son manège, l’indiscret détourna les yeux vers le paysage qui courait.

Les minutes passèrent, mais, subrepticement, renouvelant à plusieurs reprises son investigation, elle devina à travers la vitre le regard concupiscent qui la déshabillait. Elle dut s’avouer qu’une telle insistance – ces yeux qui semblaient la fouiller –, la déstabilisait… lui donnait à imaginer. Curieuse, elle jeta un coup d’oeil rapide à l’entrecuisse du monsieur, y devinant une proéminence dont elle était inconsciemment en partie responsable. Cette situation, inattendue et piquante l’émoustilla tant et si bien qu’elle ressentit une chaleur intime et se mit… à mouiller ! Tout à fait excitée… et plus encore dans ce huis clos, à côté de ces gens benoîtement installés, de cette vieille dame assoupie, de ce couple qui ne l’observait pas, mais pouvait à tout moment se douter de son trouble.

Plus rouge qu’une pivoine, elle devait être ! Il n’empêche, dans cet état elle ne pouvait que se satisfaire. Mais comment ? Se lever, enjamber, traverser tout le compartiment, ouvrir la porte coulissante et se jeter dans le couloir pour rejoindre les toilettes ? Cacher l’émoi dans lequel elle se trouvait serait surhumain. Elle se résolut à rester à sa place. Elle ferma les yeux et se laissa aller à une douce langueur. Contractant et relâchant alternativement ses muscles vaginaux, elle imprima alors un rythme invisible pour un coït virtuel, tout en prenant bien soin de tout mouvement intempestif qui aurait alerté le voisinage. Ne surtout pas croiser et décroiser les jambes ! La jouissance vint, rapide, tellement pressante était l’envie, la forçant à se mordre les lèvres. En rouvrant les yeux, elle vit l’homme qui lui souriait…

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