Patrick-Pierre Roux dit Patrick-Pierre Dhombres

Je fais souvent ce rêve…

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Je longe une grève aux ajoncs tourmentés en suivant une sente aux cailloux inégaux. Mes pas m’amènent à un promontoire cerné par une enceinte d’où émergent d’immenses cyprès dardant le ciel. On pénètre par une antique grille, toute vermiculée de rouille, ornée en son faîte d’une céramique en forme de cœur. Dans un lointain passé, ce cartouche avait dû receler quelque inscription rendue désormais secrète.

L’enclos présente l’aspect séculaire d’un jardin à l’abandon où toute plantation a dégénéré. Rosiers sauvages, ombelles et iris, chanvres et pavots, liserons, chèvrefeuilles, entrelacs de ronciers de lierres et de buis. Les hautes futaies surplombent, d’une fraîche pénombre, mais c’est avant tout le silence, un silence absolu de fin de monde. Mes pas s’enfoncent, comme sous hypnose, dans cet univers d’ombre figée, de moisissure, jusqu’à ce qu’une étendue se découvre, dépourvue d’arbres. Au centre, repose une dalle veillée par un très vieux banc de pierre.

Je m’assois, comme si mes jambes ne me soutenaient plus, perdu dans des pensées qui s’envolent. Une brise légère, juste un souffle, que je n’entends pas, que je ne peux entendre, me caresse doucement les cheveux, m’emportant…

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